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Toto Wolff encense Kimi Antonelli et dresse un réquisitoire contre les « enfants gâtés » de la Formule 1

Photo : Getty Image

Le sacre précoce de Kimi Antonelli au Mexique n'est pas seulement une victoire sportive pour Mercedes. Pour Toto Wolff, le triomphe de son jeune prodige italien de 20 ans marque l'avènement d'une nouvelle ère. Le patron de l'écurie allemande a profité de ce couronnement historique pour livrer un plaidoyer vibrant en faveur de l'humilité et de l'intégrité, fustigeant au passage l'égoïsme et les jérémiades d'une partie du plateau actuel.

Par Nicolas ·

L'antithèse du pilote égocentrique

En décrochant la couronne mondiale à seulement 20 ans, dès sa deuxième saison dans l'élite, Kimi Antonelli a réécrit les livres d'histoire de la Formule 1. Mais si le paddock s'incline face au talent pur et à la régularité métronomique du jeune homme, c'est une autre facette de sa personnalité que Toto Wolff a tenu à mettre en lumière.

Lors de son débriefing mexicain face à la presse, le dirigeant autrichien a spontanément orienté le discours vers l'attitude de son pilote, qu'il considère comme le prototype du champion moderne. Fini, selon lui, le stéréotype du pilote prêt à tout écraser sur son passage. L'ère du compétiteur aveuglé par son propre ego, impitoyable et opportuniste jusqu'à l'excès, est révolue. À la place, Wolff dépeint Antonelli comme un modèle de loyauté, de droiture et de respect, prouvant au monde entier qu'il est possible de dominer la discipline reine sans perdre son âme ni son humanité.

Un tacle appuyé à la concurrence

Ce portrait élogieux a servi de tremplin à une critique beaucoup plus acerbe, visant certains acteurs actuels du championnat. Sans jamais lâcher de noms, Toto Wolff a décoché quelques flèches empoisonnées à l'attention de ceux qu'il qualifie de pilotes « trop gâtés ».

Dans le viseur du patron de Mercedes : les complaintes incessantes à la radio, les comportements de divas estimant que tout leur est dû, et les pilotages erratiques provoquant des accrochages évitables. Le message de Wolff est cinglant : il invite ces pilotes à prendre exemple sur la maturité de ce « gamin de 20 ans » pour se remettre en question et grandir. Pour lui, le talent brut n'excuse plus tout ; la grandeur d'un champion se mesure désormais autant à son chronomètre qu'à sa noblesse d'esprit.

Une nouvelle norme pour l'institution

L'ambition de Toto Wolff dépasse d'ailleurs le simple cadre de son écurie. Il espère que le profil de Kimi Antonelli deviendra la nouvelle norme comportementale, un standard soutenu par les plus hautes instances du sport automobile. En invoquant les noms de Stefano Domenicali (PDG de la F1) et de Mohammed Ben Sulayem (Président de la FIA), l'Autrichien milite pour que les instances dirigeantes valorisent ces qualités humaines. La démonstration est faite : le talent pur coule à flots en Formule 1, mais Antonelli prouve qu'on peut écraser la concurrence tout en restant « quelqu'un de bien ».

Wolff, un "dinosaure" qui ne compte pas raccrocher

La réussite totale de ce projet couvé depuis des années aurait pu inciter Toto Wolff à tirer sa révérence, avec le sentiment du devoir accompli. Il n'en est rien. Interrogé sur son avenir et son plan de succession, le directeur de Mercedes assure qu'il compte rester à la barre, tout en adaptant son style de management.

Reconnaissant appartenir peu à peu à la génération des patrons « dinosaures » — ces figures omnipotentes gérant aussi bien la politique, les sponsors que la technique —, Wolff anticipe une répartition des rôles plus moderne dans les années à venir. Il délègue d'ailleurs de plus en plus de responsabilités opérationnelles et chronophages à des collaborateurs de confiance, comme Bradley Lord. Une réorganisation qui lui permet de rester aux commandes de Mercedes F1, prêt à écrire, avec Antonelli, le prochain chapitre de la légende des Flèches d'Argent.

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