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Honda fait son mea culpa après le double naufrage d'Aston Martin au Mexique

© Pexels — Jonathan Borda

Le Grand Prix du Mexique a viré à la bérézina pour Aston Martin. Dès le cinquième tour de course, Fernando Alonso et Lance Stroll ont été contraints de ranger leurs monoplaces au garage, trahis par une unité de puissance Honda défaillante. Face à ce désastre comptable et sportif, le motoriste japonais est rapidement sorti du silence, reconnaissant une erreur d'appréciation majeure liée aux spécificités extrêmes du tracé mexicain.

Par Nicolas ·

Le piège de l'altitude sous-estimé

L'Autódromo Hermanos Rodríguez est réputé pour être un véritable casse-tête technique. Perché à plus de 2 200 mètres d'altitude, le circuit soumet les mécaniques à rude épreuve : l'air raréfié asphyxie les systèmes de refroidissement et pousse les turbocompresseurs dans leurs retranchements pour compenser le manque d'oxygène. Si Honda s'attendait à souffrir, la réalité du terrain s'est avérée bien plus brutale que les simulations informatiques.

Shintaro Orihara, l'ingénieur en chef responsable des opérations en piste pour la marque nippone, a joué la carte de la transparence. Il a admis que les contraintes thermiques pesant sur le système de récupération d'énergie (ERS) avaient été largement minimisées. Conséquence directe : des températures critiques atteintes beaucoup trop tôt, obligeant l'écurie à immobiliser ses deux AMR-26 à de multiples reprises tout au long du week-end. Les prémices de la catastrophe s'étaient d'ailleurs manifestées dès samedi, reléguant Fernando Alonso à une lointaine 17e place sur la grille de départ avant le double abandon inéluctable en course.

Une première saison chaotique en pointillé

Ce fiasco mexicain n'est malheureusement pas un incident isolé. Il s'inscrit dans la continuité d'une première année de collaboration très douloureuse entre l'écurie de Silverstone et son nouveau partenaire moteur. Depuis les essais hivernaux, marqués par d'inquiétantes vibrations détruisant les batteries, la lune de miel tant espérée a laissé place à une gestion de crise permanente. En piste, le manque criant de vitesse de pointe de l'unité de puissance japonaise pénalise régulièrement les pilotes Aston Martin face à la concurrence.

L'aspect le plus frustrant pour les ingénieurs reste le comportement erratique de la mécanique. Comme l'a souligné Shintaro Orihara, les monoplaces étaient parvenues à boucler plusieurs relais sans encombre lors des essais libres avant que les avaries ne surgissent subitement lors des moments décisifs (qualifications et course).

Cap sur 2027 : Honda promet une refonte

Devant l'ampleur du chantier, Honda a d'ores et déjà le regard tourné vers l'avenir. La marque japonaise s'engage à utiliser ce naufrage comme un électrochoc pour préparer la saison 2027. Les gigantesques volumes de données récoltées dans la douleur au Mexique serviront de base de travail, notamment pour corriger le temps de réponse du turbo et repenser entièrement l'architecture du système de refroidissement.

Selon plusieurs indiscrétions, Honda plancherait sur une évolution massive de son moteur en deux temps, prévue pour l'entame du prochain exercice. Pour Aston Martin, l'attente risque d'être longue. Les espoirs de retrouver les sommets se heurtent pour l'instant à la dure réalité d'une fiabilité précaire, obligeant le motoriste à réagir urgemment s'il souhaite éviter que l'alliance ne tourne définitivement au vinaigre l'an prochain.

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