
Verstappen et Alonso Sonnent l'alarme face à un calendrier devenu infernal
Photo : © XPB Images
Alors que le paddock pose ses valises au Brésil pour le troisième week-end de course consécutif, la fatigue gagne les rangs. Max Verstappen et Fernando Alonso, figures de proue du plateau, ont publiquement dénoncé un calendrier 2026 à la limite du supportable. Entre cadences infernales, aberrations logistiques et impacts sur la santé et la vie privée, les acteurs de la discipline reine réclament un peu de répit.
Par Nicolas ·
La Formule 1 n'a jamais autant voyagé, et la facture humaine commence à peser lourd. En cette fin d'année 2026, les écuries affrontent un véritable marathon logistique et physique : le Grand Prix du Brésil à Interlagos boucle la première des deux séries de "triples confrontations" (trois courses en trois week-ends) prévues pour clore le championnat, avec une seule semaine de battement pour reprendre son souffle.
Malgré l'annulation de l'étape saoudienne qui a réduit le programme à 23 manches, la saturation est palpable. Interrogé sur la densité de cette saison, le quadruple champion du monde Max Verstappen n'a pas manié la langue de bois.
Le facteur humain oublié
Pour le pilote Red Bull, dont les débuts en 2015 coïncident avec une époque où le championnat oscillait autour de 17 ou 18 rendez-vous annuels, la limite du raisonnable a été franchie. « J'aimerais vraiment qu'il y en ait moins de 24, mais en même temps, bien sûr, je comprends les raisons pour lesquelles nous avons 24 courses », a-t-il concédé.
Mais au-delà des considérations contractuelles — le Néerlandais soulignant avec ironie que son salaire ne fluctue pas au gré des ajouts de Grands Prix —, c'est l'usure personnelle qui préoccupe Verstappen. Devenu père de famille, ses priorités ont irrémédiablement changé. L'insouciance de ses 18 ans, où courir tous les week-ends était une fin en soi, a laissé place au manque des siens : « Ce qui compte davantage, c'est simplement le manque que vous ressentez lorsque vous êtes loin d'eux [...] Vingt-quatre courses, c'est beaucoup, mais c'est comme ça. »
Une usure qui se traduit également sur le plan clinique. Avant même l'étape mexicaine, Verstappen avait pointé du doigt l'intensité du calendrier pour justifier la multiplication des pépins de santé parmi les pilotes. Un constat illustré ce jeudi à São Paulo par l'absence de Lance Stroll lors de la journée médias pour cause de maladie.
Des non-sens géographiques
Son coéquipier chez Aston Martin, le vétéran Fernando Alonso, abonde dans ce sens. S'il partage le constat d'une saturation globale du calendrier, le double champion du monde pointe surtout du doigt l'inefficacité logistique de certaines tournées.
Le tracé de cette fin de saison en est le parfait (et douloureux) exemple. « Être au Brésil maintenant, retourner en Europe et repartir à Las Vegas dans dix jours, c'est quelque chose d'important à gérer à ce stade de la saison, » a déploré l'Espagnol. Une aberration écologique et humaine pour un sport qui se veut pourtant à l'avant-garde de l'optimisation. « Nous sommes à la limite du trop, et le calendrier n'est peut-être pas vraiment efficace [...] mais je ne pense pas qu'une solution soit actuellement prévue. »
Le contraste est saisissant avec la nouvelle garde. Arvid Lindblad, rookie chez Racing Bulls qui affronte le vertigineux enchaînement de neuf courses en onze semaines, accepte ce rythme effréné avec l'enthousiasme de la jeunesse, loin du confort relatif des 14 manches de la Formule 2 qu'il disputait l'an passé.
Il n'en demeure pas moins que la grogne monte chez les cadors du plateau. Si le calendrier expansif de Liberty Media assure des revenus records, la Formule 1 devra veiller à ne pas épuiser son atout le plus précieux : les hommes qui font le spectacle.
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